Chapitre 3« Il devrait déjà être rentré... Je ne l'ai pas vu en entrainement de toute la journée! » S'alarma Bill pour la dixième fois de l'après-midi.
« Il avait peut-être besoin de faire le vide... » Répondit Mareck en soupirant.
Ils s'étaient tous réunis dans la chambre des jumeaux et attendait patiemment le retour de Tom tout en essayant de calmer Bill et son habituel côté mélodramatique quand son frère n'était pas avec lui. Mareck était assit sur une des chaises de la table, Gildin sur ses genoux tandis que Georg et Gustav était affalés sur le lit et Bill assit sur le rebord de la fenêtre, regardant l'horizon en espérant voir son frère revenir.
« Il va bientôt faire nuit... » Murmura t-il quand il vit le soleil commencer à se coucher.
« Bon! Voilà ce qu'on va faire, Moi et Georg on va aller le chercher dans les alentours du royaume, Gustav et Gildin vous aller le chercher dans la forêt où on a atterris en venant ici et Bill tu vas le chercher dans les airs ok? » Déclara Mareck en se levant lentement, Gildin suivant son mouvement.
Tous approuvèrent et Bill ne perdit pas une seconde pour s'élancer par la fenêtre tandis que ses compagnons se bousculaient pour sortir par la porte.
La nuit était tombée, les deux lunes surplombaient le royaume et toutes les maisons étaient éteintes, la royauté dormait. Tout du moins, presque tout le royaume car au-delà des grands murs de protections, cinq adolescents cherchait désespérément leurs amis et frère pour l'un d'entre eux. Bill survolait tout le royaume, les larmes ruisselant sur ses joues et le c½ur battant à la chamade tant son inquiétude était grande. Mareck et Georg n'arrivaient plus à cacher leur angoisse et Gildin et Gustav ravalaient leurs larmes. Tous savaient deux choses, si Tom n'était pas dans le royaume c'est qu'il était soit partit, soit qu'il lui était arrivé quelque chose. Et la deuxième c'est qui si Tom était partit, il ne serait pas partit sans Bill, il ne restait que l'hypothèse de l'accident... Ou l'enlèvement.
« Tomi... » Murmura Bill en regardant le sol qui défilait sous lui en espérant y voir un jeune dreadé boudant dans son coin, en bonne santé.
Les recherches durèrent jusqu'au petit matin, Mareck et Georg étaient à deux doigts de devenir fou sous le stress et Gildin et Gustav avaient depuis longtemps laissés couler leurs larmes. Bill continuait de voler malgré la fatigue et la peur, il avait plus d'une fois faillit tomber sous le poids du sommeil mais luttait.
Il devait le retrouver.
La neige était partout, le blanc régnait et le froid glaçait son corps. Il marchait pieds nu dans la neige et grelottait de froid. Il était dans ce qui semblait être une forêt, des arbres l'entouraient, menaçants. Tom ne savait pas où il était et surtout de savait pas comment il avait atterrit ici mais en tout cas, la chaleur de l'été lui manquait. Il se demandait ce qu'il s'était passé pour qu'il passe d'une saison à une autre ainsi mais d'un côté, il y avait cette voix qui lui disait que la réponse ne l'enchanterait guère.
« La mort est partout... »
Tom sursauta, d'où venait cette voix ?! Il l'avait comme ressentit dans tout son corps, tremblante et aiguë à la fois. C'était une femme qui parlait.
« La guerre est là elle aussi... »
Il se retourna, cherchant où était celle qui lui susurrait ses mots dans sa tête. Le froid avait disparut mais la neige était toujours là. Maintenant il avait chaud, pourtant ses pieds étaient enfoncés dans la neige. Mais où était-il?!
« Tu DOIS l'arrêter. »
Tom tomba par terre, Dieu, qui était cette femme devant lui? Pourquoi était-elle nu par ce froid? De long cheveux brun lui tombaient jusqu'au fesses, une rose rouge était accrochée au dessus de son oreille droite et elle tenait une pomme rouge dans ses mains. La Mort
« Tu dois l'arrêter Tom... Il va répandre la mort et la souffrance dans tout notre monde... »
Elle lui parlait, pourtant ses lèvres de bougeaient pas. Elle lui parlait dans son esprit. Ses grands yeux marron le fixaient, une tristesse sans limite y habitait.
« Co-comment je suis arrivé ici et... Qui es-tu? » Demanda Tom en se relevant.
« Tu es ici parce que je l'ai décidé, toi et ton frère vous êtes les derniers espoir d'un monde de paix. Vous êtes ceux qui feront régner la paix, la joie et le calme dans un monde futur. Et je suis La Mort. »
« La quoi ?! » S'exclama en sentant son c½ur s'emballer.
« La Mort. Je suis celle qui hôte la vie à tout ceux qui le méritent. Et celle qui envoie les innocents morts trop tôt dans le jardin de la vie éternelle. »
Tom la regarda, ahuri, il était dans un jardin recouvert de neige, avec une femme nue se disant La Mort. Il se demanda un instant s'il n'était pas devenu fou.
« Je suis ici pour te montrer ce que deviendra le monde si vous n'arrêter pas votre père meurtrier... »
Un vent venu de nulle part s'éleva, Tom tomba de nouveau à terre et à sa droite, un ruisseau apparut. Un ruisseau rouge sang.
« Ce ruisseau est le ruisseau des innocents. Le sang qui l'habite n'auraient jamais dû couler. Avant que ton père ne devienne l'Är Raug, ce ruisseau n'était qu'un filer de sang... Il était petit car peu d'innocents mourraient. Depuis que ton père est au pouvoir, le ruisseau ne cesse de grandir. Regarde. »
Tom regarda dans l'eau de sang, il y vit d'abord son visage, puis l'image se brouilla. Des guerriers, des centaines de guerriers étaient en train de massacrer un village, Tom voyaient des hommes tomber au combat et des enfants se faire lapider. Il détourna vite son regard pour ne plus voir se spectacle sanglant.
« Pourquoi me montre-tu ça ? » Demanda t-il d'une voix blanche.
« Pour que tu vois ce qu'une soif de pouvoir peut faire à un monde entier, regarde Tom, regarde ce que ton père a fait... »
Le sang se troubla de nouveau est apparut ensuite une enfant, elle semblait jouer dans un champ. Tout à coup apparut derrière elle un démon, il s'avança doucement de la fillette et quand celle-ci se retourna, elle n'eu pas le temps de crier que sa tête roulait déjà à terre. Tom plaqua sa main sur sa bouche, et un haut le c½ur le prit.
« Tu vois Tom... Et cela se passe à chaque seconde. A chaque seconde des centaines d'innocents meurent sous la lame de ton père et son armée. Aujourd'hui c'est eux, demain ça sera peut-être tes amis... Ou ton frère. »
Bill... Non, Bill ne pouvait pas mourir. Mareck, Gildin, Gustav et Georg non plus. Et des innocents aussi. Il fallait empêcher ce massacre de continuer. Mais il n'était...
« Je ne suis qu'un adolescent. Comme pourrais-je, avec l'aide des mes amis et de mon frère, empêcher un tel massacre? » Demanda t-il timidement.
« Tu es prince Tom... Tu as un royaume et une armée. Tu dois retrouver les anges de Kemen Fân et rapidement. Et emmène avec toi tout les volontaires qui voudront se battre. Sauve ce monde, Tom, avec ton frère et tes amis. Sauvez VOTRE monde. »« TOOOOM! » Hurla Bill en voyant son frère, étendu par terre et inconscient, au milieu d'une clairière.
Bill atterrit en catastrophe près de son frère. Ce dernier était pâle, la bouche entrouverte et du sang coulait de son front. Tom paraissait plus que dépourvu d'énergie, de force. Dépourvu de vie. Le c½ur de Bill s'emballait sans qu'il ne puisse le contrôler. Il battait aussi vite que lentement, et le brun n'aurait pût décrire cette sensation. Il était totalement désemparé et impuissant. Sa respiration violente ne semblait vouloir se calmer, et ses membres tétanisés n'aidaient en rien son corps à se reprendre. Des pensées douloureuses à la vue de son jumeau affluaient en lui, paralysant chaque parcelle de son corps et de son âme elle même. C'était bel et bien le pire de ses cauchemars qui s'était matérialisé devant lui, et tout autour de lui paraissait hostile, ne le rendant que davantage en proie à la panique. Tentant de contrôler ses sanglots, Bill frôla la joue de Tom, la sentant froide sous ses doigts. Il ouvrit à demi la bouche, un gémissement gutturale s'échappant douloureusement d'entre ses lèvres sèches. Il se sentait pour la première fois de sa vie vraiment faible. Bien trop faible pour se relever et aller chercher de l'aide, bien trop faible pour ne serait-ce déployer ses ailes et indiquer sa position. Sa véritable force, c'était Tom. Il avait toujours bénéficié de la présence de son jumeau à ses côtés, pour lui redonner confiance. Tom avait toujours été sa béquille, l'échafaudage même de sa vie. Mais Bill était à présent contraint à exercer ce rôle, bien trop nouveau pour lui. Bien trop important pour ses faibles épaules. Il combla les quelques centimètres le séparant de son frère, se blottissant en tremblant contre le corps inerte d'où lui provenaient les lents battements de ce c½ur aimé. Il enfouit son visage dans les vêtements sales de Tom, tentant de se calmer du mieux qu'il le pouvait en emplissant ses poumons de l'odeur de son frère. Il suffoquait, s'étouffait de tant le respirer, mais au lieu d'être apaisé comme il l'avait souhaité, le parfum de Tom avait affolé tout ses sens, le faisant sombrer un peu plus dans un gouffre de tristesse sans fond. Il s'agrippait au tissu, tenant de minimiser les tremblements convulsifs de ses membres. Et si son corps était incontrôlable, son esprit ne l'était que davantage. Il imaginait déjà leur fin à tout les deux, dans cette maudite clairière. Il voyait Tom partir sans l'attendre, sans même lui dire au revoir, et il se voyait, le suivant en hurlant, incapable de le rattraper. Séparer à tout jamais dans le flou de l'inconnu. La boule douloureuse qui avait depuis longtemps élue domicile dans sa gorge vint à éclater, laissant dévaler une larme sur le visage crispé de Bill qui ne s'accrochait que plus fort à Tom, le suppliant intérieurement de ne pas l'abandonner, de ne pas partir sans l'attendre. Cette unique larme, translucide et salée, coula rapidement sur sa joue, pour finir sa course sur le torse habillé de Tom.... Sur son c½ur. L'endroit où la goute salée était tombée se mit soudainement à briller et la lumière enveloppé lentement l'androgyne qui sentit peu à peu ses membres devenir lourds et ses paupières
Tout était blanc autour de lui, il entendait le bruissement de la neige sous ses pieds. Il regardait, perdu, le paysage autour de lui. Comment avait-il atterrit ici?
« Bill ? » Demanda une voix qu'il connaissait très bien derrière lui. « Comment tu... »
« TOM ! » S'exclama le jeune androgyne en se jetant dans les bras de son grand frère. « J'ai... Je ne sais pas comment j'ai fais pour venir ici... Tu étais inconscient par terre et j'étais trop fatigué pour aller chercher de l'aide et je me suis mit à pleurer et j'ai atterrit ici ! Où sommes-nous? Est-ce tu va bi... »
« Chuuut.. » L'intima Tom en posant un doigt sur la bouche de son jumeau. « On est dans une sorte d'inconscience... C'est compliqué à expliquer mais il y a une femme ici, elle s'appelle La Mort et elle veut que nous sauvions notre peuple, notre monde. »
« Qu-Quoi ? La quoi ? » S'étonna Bill en se re-blottissant contre son jumeau. « Je m'en fiche Tom, pour le moment je veux juste que tu me sers fort... J'ai eu si peur pour toi... »
Tom sourit, attendrit, et serra un peu plus fort Bill contre lui en soupirant de bien être. Comment avait fait Bill pour le rejoindre? Comment allaient-ils rejoindre leur monde? Il n'en savait rien, mais il était avec son frère et c'était tout ce qui comptait pour le moment.
« Beau tableau... »
Tom et Bill sursautèrent à l'entente de cette voix aigue qui retentit juste derrière Tom. La Mort les regardait, touchée, et Tom remarqua, à son grand soulagement, qu'elle avait revêtit une robe rouge.
« C'est-C'est qui? » Demanda Bill, paniqué.
« La Mort... » Lui répondit Tom en prenant sa main. « Comment allons-nous faire pour retourner dans notre monde? »
« Je vous y renverrait moi-même... » Soupira la jeune femme en se retournant.
Elle commença à partir lentement pendant que les jumeaux se regardèrent, étonnés. Ils décidèrent de la suivre à travers les arbres. Bill s'étonna de voir un ruisseau aussi rouge et grimaça quand son frère lui expliqua quel liquide y coulait. Ils croisèrent trois jeunes filles ressemblant beaucoup à La Mort, l'une était L'Inconscience, l'autre La Maladie et la troisième L'Amour. La Mort leur expliqua alors que chaque état du corps et du c½ur avaient sa propre demoiselle [Nda= En gros, chaque état du corps et du c½ur sont représentés par une fille].
Après une heure de marche, ils débouchèrent sur une maison de bois où une fumée s'échappait de la cheminée. La Mort les invita à entrer et, alors, qu'ils s'asseyaient sur le canapé, elle vint s'asseoir en face d'eux, un bouquin à la main.
« Qu'est ce que c'est ? » Demanda Bill en montrant le livre dans les mains de la jeune femme.
« Votre vie... Tôr Gwanûn Ned I Canthui Ithil [Nda= Rappelez vous, dans le chapitre 14 Lind dit avoir trouvée le nom de la prophétie. “ Je l'ai enfin retrouvée. La prophétie... des "Tôr Gwanûn Ned I Canthui Ithil"... Des frères jumeaux de la quatrième lune. La lune de la Paix. “]. Ce bouquin représente votre passé, votre présent et votre avenir... » Déclara La Mort, un sourire mystérieux peint sur le visage.
Une mélodie s'élevait de la forêt, triste et rassurante à la fois, elle apaisait toutes les âmes dans les environs. La Mort continuait son chant au c½ur du bois, dansant lentement sous les yeux des jumeaux. Peu à peu leurs corps étaient enveloppés par la lumière, ils se sentaient soulevés dans les airs, leurs c½urs s'emballaient et leurs respirations se faisaient précipitées. Ils se sentaient élevaient vers le ciel, ils l'étaient d'ailleurs. Puis, peu à peu, leurs esprits devinrent brumeux, vapeur et ils ne sentirent plus rien, si ce n'est qu'un léger souffle caressaient leurs visages.
« Il revient à lui! » S'exclama Georg en voyant Bill remuer peu à peu la tête.
« Bill, Bill, comment te sens-tu ?! » Lui demanda Mareck en se précipitant sur son cousin.
« Chuut ne criez pas comme ça il va se croire en pleine guerre le pauvre ! Hey Bill, comment te sens-tu? On est à l'infirmerie.» Les gronda Gustav en souriant à Bill.
Ce dernier se demandait en effet qui l'agressait de la sorte dès son réveil et ne put s'empêcher de sourire en voyant ses amis autour de lui. Ses yeux avaient peine à rester ouverts et un mal de tête persistait dans son crâne, le rendant un peu brumeux.
« T-Tom... » Murmura Bill en se rendant compte que son frère n'étaient pas avec ses amis.
« Il est là, juste à côté de toi... » Lui répondit Georg en montrant le lit voisin. « Il n'est pas encore réveillé. »
Bill tourna la tête sur le côté et sourit tristement à la vue de son jumeau encore endormit. Il lui manquait déjà... Ce dernier avait la tête tourné vers lui et respirait calmement, on aurait pu croire qu'il dormait.
« Bill... Que c'est-il passer? On vous a retrouvé tout les deux inconscients dans une sorte de clairière et cela fait déjà trois jours que vous sembliez dormir. » Dit Mareck en s'asseyant sur le rebord du lit de son cousin.
« Je... Je cherchais Tom depuis plusieurs heures déjà, la nuit était passée et je commençais à fatiguer... Et puis je l'ai vu, inconscient dans la clairière et il avait du sang sur le visage... Mais j'étais trop faible pour reprendre mon envol alors je me suis mis à paniqué et puis... ET puis... » Il n'arrivait pas à finir sa phrase cat, étrangement, il sentait que cela devait rester secret.
« Et puis... ? » L'encouragea Georg, curieux de connaître la suite
« Et puis j'ai du perdre connaissance, je ne sais pas... » Mentît Bill en se mordant la joue.
Ses amis approuvèrent et quelques heures plus tard, mis à la porte par l'infirmière, ils se retrouvèrent tous ensemble sur le lit que partageait Gildin et Mareck. Tous avaient ressenti le mal aise flagrant de Bill lorsqu'il leur avait raconté ce qui lui était arrivé, ce qui leur était arrivé, mais aucun d'eux n'avaient cherché à en savoir plus, quitte à s'imaginer les choses les plus improbables. Une fois qu'ils étaient retrouvés seules et à l'abri des oreilles indiscrètes, ils avaient d'une même fougue commencer à raconter les milles et une idée qui leur étaient parvenues. S'ils acquiesçaient avec enthousiasme lorsqu'une des solutions leur paraissait plausible, ils ne protestaient que davantage lorsqu'elle paraissait trop farfelues.
« Ils ont été aspiré par un trou d'air et...et ils sont retombés! C'est pour ça que Bill n'arrivait pas à voler! » Lança Georg pour couvrir la voix de ses camarades
« Un trou d'air, non mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre! » Pesta Gustav en fronçant les sourcils « Un trou d'air ne les aurait sûrement pas déposé à l'endroit où il les avait emporté! Et ils n'étaient ni échevelés, ni à bout de souffle, et leurs ailes ne semblent pas abîmer! ».
« Peut-être que tout simplement, Bill n'arrivait pas à voler parce qu'il était sous le choc! Trouver son frère dans cet état... » Dit Mareck en secouant la tête.
« Qui te dis que Tom était vraiment dans cet état quand Bill est arrivé ? » Gildin avait répondu, la voix grave et un air sombre sur le visage. Tous se tournèrent vers elle, silencieux, jusqu'à ce que Georg reprenne la parole.
« Tu crois que... tu veux dire que Bill... Enfin, que ça pourrait être lui ? » Questionna-t-il, les yeux ronds. Elle resta muette quelques secondes avant d'exploser de rire, provoquant l'incompréhension générale.
« Bien sûr que non, il n'aurait pas menti. C'était juste une petite blague. » Se justifia-t-elle, souriant de toutes ses dents.
« Moi je reste sur l'idée du trou d'air » annonça Georg en croisant les bras.
« Et moi je reste sur l'idée que t'es stupide! » répondit Gustav en l'imitant. « Peut être que tout simplement, Bill a fait un malaise. Je vois pas pourquoi on va chercher plus loin. »
« On va chercher plus loin parce que justement, c'est trop simple. Tu sais autant que nous que Bill et Tom ne sont pas n'importe qui. Peut-être qu'il y a un rapport... ».
Tout les regards étaient à présent tourner vers Gildin qui semblait chercher quelque chose.
« Un lien. Un lien oui c'est ça! Le lien entre Bill et Tom! Comme Tom n'était pas bien, ça a directement affecté Bill! Ca tombe presque sous le sens! » S'écria-t-elle, les yeux pétillants.
« C'est probable, certes, mais ça n'explique pas ce qui est arrivé à Tom. » Répliqua Mareck en caressant doucement le bras de Gildin. « Mais c'est une très bonne hypothèse, ma puce. »
A ces mots, Gildin ne pût que sourire et remercier Mareck dans un soupire, son teint devenant rosé lorsque celui-ci se penchant pour l'embrasser doucement, provoquant quelques réflexions de la part de Georg et Gustav. Cependant, ils enchaînèrent rapidement, revenant au sujet principal de leur comité.
« Tom s'est évanoui en apercevant une magnifique créature sortie des eaux, et il a été tellement choqué qu'il n'arrive plus à se réveiller! » lança Gustav en riant, « Bill est arrivé et l'a vu aussi, il a réagit pareil, et il a eut tellement honte d'avoir eu une réaction pareille en présence d'une demoiselle qu'il n'a pas osé nous le dire! ». Les nouvelles fabulations fusaient, provoquant tantôt l'hilarité, tantôt le doute et l'inquiétude.
« Tu te réveilles enfin mon Tomi... » Murmura Bill en voyant les yeux de son frère s'ouvrir avec une lenteur presque irréelle.
« Hum... » Gémit ce dernier en tournant la tête pour sortir du brouillard qui avait envahit son esprit.
Bill sourit tendrement et se leva, en essayant de dissimuler une grimace de douleur – son dos était resté trop longtemps immobile – et alla s'assoir sur le rebord du lit de son jumeau. Tom avait le regard un peu brumeux et semblait se réveiller lentement.
« Bah mon Tom on a du mal à émerger... ? » Rigola doucement Bill en passant une main affectueuse sur la joue de frère.
« J'ai l'impression d'avoir une remorque à la place de la tête... » Marmonna doucement Tom en regardant son jumeaux avec des yeux mi-ouverts.
Bill rigola et se blottit contre son frère, tout lui semblait comme imaginaire. Il avait l'impression de flotter, d'être ici mais d'être ailleurs à la fois. Tom sourit tendrement en entoura son frère de ses bras. Il respira amoureusement ses cheveux et déposa un doux baiser sur le front de son jumeau.
« J'ai l'impression d'être au paradis et pourtant y à rien qui m'y ferais croire si ce n'est toi... » Chuchota Bill.
« Pareil... Mais on n'avait dit qu'on ne se poserait plus de questions ma puce... » Renchérit Tom en caressant la tignasse de son cadet.
Bill rigola timidement et leva la tête vers Tom pour lui voler un petit baiser. Seule la lumière des deux lunes éclairait l'infirmerie et donnait à la pièce une ambiance douce et romantique.
« Ha bah je vois que le deuxième a décider de revenir lui aussi ! Avoue qu'on te manquait mon petit Tom ! » S'exclama Georg en réveillant les deux frères en sursaut le lendemain après que l'infirmière les ai mis au courant du réveil du dreadé.
« Georg... T'es vraiment... Raaah il n'y a pas de mots assez méchants pour de définir! » Soupira Gustav en s'excusant ensuite auprès des jumeaux qui ne comprenaient absolument rien à la situation.
« On vous a manquez au moins ? » S'obstina Georg en ignorant la remarque de son ami.
Seul un léger ronflement répondit à sa question, Bill et Tom s'étaient déjà rendormis. Gildin et Mareck ricanèrent en voyant la mine outré de Georg alors que Gustav souriait, attendrit.
« Même eux tu lui ennuis mon pauvre Georg ! » Pouffa Mareck en donnant une tape amicale dans le dos du dépité.
A la fenêtre, on pouvait voir le soleil qui tapait, les enfants qui jouaient, les élèves qui s'entrainaient à voler dans la cours, les animaux qui jouait aux cartes au bar ou encore, une étrange lueur qui flottait dans les airs, chantant un doux chant que seuls deux garçons, deux jumeaux, pouvaient entendre.
Un chant qui vous emporte ailleurs, qui vous fait oublier tout vos problèmes et ne vous laisse que la joie et l'apaisement pendant quelques minutes. Puis les dernières notes de la mélodie s'envolent et la réalité vous rattrape.
Ils désiraient tellement que le rêve ne cesse jamais... Que l'amour et la tendresse durent à jamais... Ils le désiraient si fort...
Malgré leur plus ou moins longue léthargie, ni Bill, ni Tom ne se sentaient étourdi, engourdi. Ils avaient littéralement sauté de leur lit, se tenant parfaitement sur leurs deux jambes, affichant des visages rayonnants. Ils l'étaient d'autant plus lorsqu'ils avaient le bonheur de se regarder. L'un pouvait voir l'autre en pleine santé, rétabli et parfaitement conscient. Et savoir son double en pleine forme, c'était sans doute le meilleur remède des jumeaux.
Si Bill et Tom étaient au point sur le plan psychologique, ils l'étaient davantage du point de vue physique.
Ils auraient juré sentir, à l'intérieur même de leur organisme, filtrant par leurs pores et ruisselant dans leurs artères, qu'un fluide bienfaiteur les rendait plus fort qu'avant. Ils pouvaient ressentir cette puissance étrange aussi bien dans la poigne de leur main qu'au bout de leurs orteils, de leurs pieds lorsqu'ils foulaient le sol.
Cette impression de force, c'était tellement bon. Presque aussi bon que la douce mélodie qui se répétaient encore et toujours dans leurs têtes, raisonnant dans leurs corps entier, apaisant les craintes persistantes et calmant la folle excitation provoquée par leur sensation de puissance absolue.
Aptes à quitter l'infirmerie, Tom et Bill revêtirent une simple tunique, et quittèrent les lieux après avoir été examinés une dernière fois.
Ils évoluaient dans le grand couloir en souriant, parlant avec de grands gestes. C'était une totale renaissance, et à cet instant, personne n'aurait pût imaginer que ces deux garçons revenaient de loin.
Riant de bon c½ur aux paroles de Tom et les yeux larmoyants, Bill ne prêta pas attention à la silhouette fine qui avançait vers eux. C'est seulement lorsque Tom lui demanda de se calmer à voix basse qu'il s'essuya les yeux, considérant la jeune fille qui se tenait devant eux.
La première chose qui vint à l'esprit des deux jeunes hommes, c'était de se dire que cette fille était vraiment très belle. De longs cheveux roux d'un éclat impressionnant encadraient son visage pâle. Ses airs de poupée étaient accentués par la couleur rosée de ses pommettes, délicieux contraste avec sa peau de lait.
Elle portait une robe bleu clair, dessinant sans excès sa taille fine, donnant encore plus l'impression au jumeau que cette fille sortait d'un conte féerique.
« Excusez-moi, je cherche Maître Malik. Où puis-je le trouver? » Dit-elle d'une voix claire.
Dérangés dans leur contemplation, Tom et Bill se sentirent gênés un très court instant, puis Bill pris la parole, souriant à la jeune fille.
« Essaye le premier étage, c'est là qu'on le trouve habituellement. » Lui dit-il en montrant l'escalier au bout du couloir.
Elle gratifia Bill d'un magnifique sourire, provoquant sa réplique chez le jeune homme dont les yeux pétillaient.
« On ne t'as jamais vu ici. Tu t'appelles comment? » Osa demander Tom en souriant lui aussi.
La moue de la fille se fît plus malicieuse, et sans précipitation, elle répondit simplement.
« Espoir. » Lui répondit-elle, les yeux brillant d'un étrange éclat.
Les jumeaux tiquèrent à l'entente du prénom mais ne dirent rien et se contentèrent de se présenter à leur tour à a jeune fille. Après s'être promit de se revoir, Espoir prit la direction du premier étage tandis que les deux frères se dirigèrent vers leur chambre. Sur le chemin, aucun mot ne fut prononcer, tout deux réfléchissait s'il était possible que la jeune fille soit un être comme... La Mort. Elle était tout aussi belle et en sa présence, ils n'eurent pas de doute sur leur futur ils... Espéraient. La Mort leur avait bien dit que chaque état du corps et du c½ur avait sa propre demoiselle. Mais si Espoir en était une, que faisait-elle donc ici?
Ils entrèrent dans leur chambre, toujours songeurs, et Tom alla s'échouer sur son lit tandis que Bill alla à la fenêtre pour réfléchir encore un peu. Tom se leva et entoura la taille de son frère pour le coller contre lui avant de déposer un baiser dans son cou. Tout deux reportèrent leurs attention sur le paysage qui s'emblait plus sombre qu'avant. Si on tendait l'oreille on pouvait entendre un grondement s'élever de derrière les montagnes, tout deux savaient ce que c'était.
« Ils arrivent Tomi... » Murmura Bill en se calant un peu plus sur le torse de son frère.
Tom laissa quelques secondes de silence passer, toujours blotti contre Bill, le regard perdu vers l'horizon. Ses mains maintenaient doucement Bill contre lui, et il pouvait sentir sous ses doigts les battements réguliers du coeur de son jumeau.
« Je sais », souffla Tom, « Je les entends... »
Il sentit la respiration de Bill s'accélérer légèrement, et son frère se tendre dans son étreinte. C'est alors que les mains de Tom virèrent doucement de trajectoire, caressant en de grands cercles le ventre plat du brun qui ne pu s'empêcher de soupirer en souriant. Comme quelques instants auparavant, Tom glissa son nez contre la nuque de Bill, posant ses lèvres sur le cou offert et exerçant de légères pressions. Ses mains se baladaient plus bas sur le corps de son jumeau, jusqu'à arriver à la bordure de son t-shirt, où l'espace avec le pantalon n'était comblé que par la peau brûlante de Bill. Il taquina d'abord l'endroit, faisant se tortiller et glousser Bill qu'il embrassait toujours, et fit ensuite glisser ses doigts jusqu'au nombril de celui-ci. Il effleurait plus qu'il ne caressait, et rapidement les doux rires de Bill se muèrent en bas gémissements. La deuxième main de Tom pris ainsi le même chemin que la première, s'appliquant à communiquer toute la tendresse et tout l'amour que Tom pouvait éprouver pour Bill. Ses paumes montaient très haut sous le t-shirt noir pour redescendre très bas, sous la limite de la ceinture, et le brun soupirait fortement, contractant ses muscles abdominaux au rythme des allées et venues de Tom.
La bouche de Tom commençait elle aussi à s'activer dans le cou de Bill, embrassant avidement, avalant, suçant la peau blanche en laissant sur son passage des marques légèrement rouge sous une fine pellicule humide. Les frissons recouvraient le corps du plus jeune tandis qu'il se tordait délicieusement sous les attentions de son grand frère. Grand frère qui n'en pouvait plus de sentir Bill se cambrer contre lui et qui décida de le retourner.
Ils se regardèrent un court instant et Bill vint sceller leurs lèvres dans un baiser légèrement appuyé.
Tom mis fin à cette douce étreinte, soulevant les pans du t-shirt de Bill qui leva les bras pour qu'il passe par dessus sa tête. Tom sourit et claqua un baiser sur la clavicule nue qui lui était offerte, faisant glousser une fois de plus son propriétaire qui l'imita, attrapant les bords du large vêtement qui une fois retiré finit sa course au sol.
Bill se pinça les lèvres en admirant le corps légèrement musclé devant lui. Tom était juste magnifique, et il sentait fier, très fier d'être son frère, et son amant. Il sentait dans son ventre une boule aussi agréable que dérangeante. Le genre de boule de stress que l'on ressent avant un grand événement. Et cet instant était un grand moment, comme à chaque fois qu'ils se témoignaient leur amour, de n'importe quelle façon que ce soit.
Dans un geste lent, Tom attrapa la main de Bill et l'entraîna avec lui jusqu'au lit encore fait. Il s'assit doucement sur celui-ci, maintenant Bill debout devant lui. Ses bras entourèrent rapidement la taille fine de son frère, et il posa délicatement son oreille sur le ventre nu et tendu. Bill soupira d'aise, et passa une main dans les dreads emmêlées de Tom, s'y accrochant lorsque l'aîné fit courir ses lèvres autour de son nombril. Il embrassait tout l'espace qu'il pouvait sous les yeux amoureux de Bill qui était de plus en plus excité par la situation. Ses ailes s'étaient malgré lui déployées dans son dos, et il constata avec joie qu'il en était de même pour Tom.
Tom cessa de ravir son frère de caresses buccales et s'employa à enlever son pantalon. Il lança d'abord un regard vers lui, s'assurant de son consentement avant de tenter quoi que ce soit. La réponse de Bill était sans appel. Tom pouvait et devait ôter ce vêtement devenu bien trop encombrant pour sa virilité qu'il sentait déjà en éveil. Les longs doigts de Tom s'activèrent donc à défaire les petits boutons, puis attrapèrent ensuite le pantalon pour le tirer vers le bas. Il se retrouvait face à un Bill quelques peu excité et en boxer. Le jeune brun ramena ses bras autour de lui, se tenant comme s'il avait voulu se cacher ou se réchauffer. Malgré l'épisode qui avait suivi la poussée des ailes de Bill, Tom pouvait encore ressentir la timidité, la pudeur de son frère, et pour lui éviter de se sentir mal à l'aise ainsi vêtu, il enleva lui même son pantalon, se trouvant dans une tenue identique à celle de son jumeau.
Bill lui renvoya un sourire rayonnant, le couvant des yeux. Il attrapa le menton de Tom entre son pouce et son index, et releva son visage pour se saisir de ses lèvres. Ils s'embrassèrent de nouveau, caressant leurs langues entre elles, et Bill en profita pour s'asseoir à califourchon sur les cuisses de Tom, tenant toujours sa tête dans ses mains. Leurs torses se frottaient avec délice, et Bill dansait littéralement sur les genoux de Tom. La température grimpait réellement dans la chambre, et à mesure que le baiser s'amplifiait, leurs ailes frémissaient, lançant dans leurs corps des ondes de plaisir subjuguant, parcourant leurs peaux de frissons.
Le désir démangeait leurs bras, leurs jambes, du bout des doigts au bout des orteils, s'infiltrant dans chaque veines, chaque micro vaisseaux de leurs membres. Bientôt, Bill effectua une pression sur le torse de Tom, les basculant sur le lit sans pour autant casser leur baiser. Perché au dessus de Tom, il se frotta timidement contre lui, soulageant le trop plein de plaisir qu'il avait accumulé.
Mais rapidement le blond attrapa son frère par les épaules pour le renverser doucement, inversant leur position.
Il était partout sur Bill qui bougeait lascivement sous lui, et il pouvait sentir sur son torse dénudé le souffle chaud et humide que le plus jeune expirait.
Il se pencha sur lui, plaquant davantage leurs corps brûlant, et embrassa du bout des lèvres le front suant de Bill, inspirant l'odeur fraîche de ses cheveux à plein poumons.
La main de Bill passa dans le dos de Tom, effectuant une légère pression au creux de ses reins. Sous le touché, Tom ondulant doucement du bassin, envoyant dans tout leurs membres des décharges de bien-être. La sensation était tout ce qu'il y avait de meilleur et d'inégalable. Rien dans ce monde ne pouvait être plus doux, sensuel, amoureux que ce qui liait les jumeaux. Tom continua ses mouvements langoureux, les amplifiant de secondes en secondes, à mesure que la main de Bill se crispait sur sa peau. Ils étaient pris dans un engrenage délicieux : Plus Tom bougeait, plus Bill soupirait et fermait son emprise sur lui. Et plus Bill se montrait excité, plus Tom accentuait ses mouvements.
Les doigts de Bill, cherchant une prise moins glissante, s'agrippèrent malencontreusement à l'aile droite de Tom, et les soupirs que celui-ci se tuait à garder les plus silencieux et discrets possible se changèrent brusquement en gémissements sonores et rauques, et n'excitant que plus le brun qui lui aussi se laissa aller à râler son plaisir.
La seule chose qui manquait vraiment aux deux frères pour atteindre un semblant d'extase, c'était le contact total de leurs peaux l'une contre l'autre.
Haletant, Tom glissa lentement sa main sur le flanc gauche de Bill, descendit sur sa cuisse et remonta à la même vitesse à la bordure de son boxer. Il posa un baiser sur les lèvres de Bill sans l'approfondir, tout en abaissant méthodiquement le vêtement sous lui. Bill fut contraint de ramener ses pieds sur le matelas, soulevant son bassin et ses cuisses pour se défaire de l'emprise inconfortable du tissus sur ses jambes. Tom avait fait le plus gros du travail, et bientôt Bill battit des pieds pour que le sous-vêtement quitte définitivement ses membres.
Il accrocha rudement sa main à l'aile sensible de Tom tandis que son sexe continuait de gonfler doucement au contact rêche du boxer de celui-ci. Tom poussa ce que l'on pouvait nettement qualifier de cri, et s'empressa de se lever, se retirant momentanément de l'étreinte de Bill, et enleva en toute hâte son boxer qui entravait son pénis durci. Il se rallongea tranquillement sur Bill, le fixant avec attention. Ses joues étaient rougies, ses lèvres humides de leurs baisers, et Tom ne pouvait que le trouver magnifique. Ses cheveux en bataille encadraient son visage dans une auréole irrégulière, et ses yeux perlaient de petites larmes, sûrement provoquée par le surplus d'amour et de désir auquel il était sujet.
Il était installé entre les cuisses de Bill, et leurs virilités se touchaient simplement. Bill ramena une fois de plus ses pieds contre le drap, puis entoura les jambes de Tom avec. Ses deux mains passèrent sur les ailes de son frère qui s'élevaient au dessus du lit, et il les fit courir sur toute leur longueur. Le visage de Tom se crispa dans une grimace de plaisir et son bassin partit en avant d'un geste involontaire. Leurs sexes s'entrechoquèrent alors une première fois, et bientôt des gémissements plaintifs s'élevaient dans la pièce.
« Tom, Tom je t'aime » Souffla Bill en cajolant les grandes ailes rouges.
« Tout va bien aller Bill, je te le promets » Répondit Tom en activant toujours ses mouvements de bassin.
Ensemble, ils étaient au paradis. Ils étaient le paradis. Ils rayonnaient, et illuminaient la pièce pourtant sombre. Bill et Tom semblaient bien loin de tout leurs soucis, très loin, et si pour eux tout n'étaient que plaisir et bonheur insouciant, là au dehors, les nuages approchaient, assombrissant l'horizon en même temps que le vent se levait.
« Je t'aime Bill, je t'aime tant. » Murmura Tom en se mouvant contre son frère.
Bill haletait dangereusement et ses yeux se fermèrent brusquement, faisant se stopper net Tom au dessus de lui. L'aîné ne comptait pas laisser son frère s'envoler dans l'extase sans lui, et il souffla doucement sur son visage suant pour le calmer un peu.
Il se souleva, se mettant à genoux sur le lit, décollant leurs deux corps, et tendit une main vers le visage de Bill, frôlant ses traits crispés. Le brun tremblait sous lui, et Tom pouvait deviner sans mal sa frustration. Il venait de frôler l'orgasme, avait caressé du bout de ses doigts les milliers d'étoiles qu'il convoitait depuis si longtemps, et la chaleur de Tom l'avait brutalement quittée, laissant son propre corps en proie à des frissons déstabilisant.
Après avoir laisser Bill reprendre son souffle, Tom recolla leurs corps et susurra quelques tendres mots à Bill, souriant contre le visage de Bill qu'il s'affairait à embrasser. Sa main droite descendit prudemment entre eux. Elle caressa légèrement la verge du brun qui se cambra difficilement, sanglotant à quel point tout cela était bon, puis alla taquiner gentiment ses testicules. Cette fois, c'est un véritable cri que poussa Bill, des larmes débordant de ses yeux et inondant ses joues. Ses pupilles s'affolèrent lorsqu'il sentit une pression sur son anneau de chair. Tom posa ses lèvres sur les paupières de Bill, cherchant à le rassurer, et doucement il massa l'endroit sans y pénétrer. Les expirations courtes de Bill heurtaient le cou de Tom, l'informant plus ou moins de l'état de son frère. Il pénétra le plus lentement possible son doigt, et Bill s'agrippa plus fort à lui, glapissant presque. La sensation n'était pas douloureuse mais malgré tout loin d'être agréable. Tom s'était relevé, regardant le visage de Bill pendant qu'il tâtait docilement. Il avait un air surpris et il grimaçait légèrement, mais il ne semblait pas avoir souffert de la pénétration.
Alors, Tom agita son doigt en Bill, tout doucement. Celui-ci retint un gémissement aiguë, serrant sa machoîre au maximum et enfonçant rudement ses ongles dans la peau de Tom. Tom qui se demandait d'ailleurs si cette réaction était positive ou négative.
«Je t'ai fait mal?» Il regarda son frère secouer la tête, affichant un petit sourire sur son visage transpirant.
«Non, c'est juste très bizarre. Mais continue, s'il te plaît.»
Le dreadé enfonça un peu plus son doigt, le tordant un peu pour écarter délicatement les chairs. Puis, sentant Bill se décrisper presque totalement, il introduit un second doigt, provoquant les mêmes réactions que pour le premier. Après quelques allées et venues, Tom ramena sa main près de leurs torses, se maintenant sur ses coudes pour continuer à observer Bill. Il lança légèrement ses hanches en avant, s'installant plus confortablement et obligeant Bill a ouvrir un peu plus ses jambes pour l'accueillir.
« Tu as peur? » Fit Tom prudemment, couvant Bill des yeux.
« Je ne sais pas vraiment... Je crois que oui, un peu.» Répondit Bill franchement.
Tom s'empara de sa main et la porta à sa bouche, l'embrassant en fermant les yeux.
« Je ferais attention à toi, et tout ira bien. N'aie pas peur. N'aie plus peur.»
Le brun hocha fébrilement la tête et Tom se positionna entre ses cuisses. Son sexe chaud cogna l'entrée étroite de Bill qui ferma les yeux, oubliant de se détendre.
« Bill, du calme, tout va bien aller. Si tu as trop peur, ou...mal, on arrêtera, j'arrêterai.»
En contradiction avec les propos de Tom, le vent s'éleva derrière la fenêtre.
Bill souffla fortement, détendant tout ses muscles autant qu'il le pouvait, et Tom réapprocha son sexe de son entrée qui céda plutôt facilement. Il crispa ses mains sur les draps, froissés à présent, et s'enfonça jusqu'à la garde, prenant soin de ne pas trop forcer pour ne pas blesser Bill.
Il resta quelques instants comme tétanisé, s'immobilisant complètement au dessus de son frère qui gardait la bouche grande ouverte et les yeux plein de larmes. Si Tom ressentait plus de plaisir qu'il n'en avait jamais eu, Bill lui avait le bassin totalement engourdi et douloureux. C'était loin d'être insurmontable, mais c'était franchement contraignant, et son érection diminua presque immédiatement.
Tom entama ensuite ses premiers va-et-viens, ravivant la douleur de Bill qui geint fortement, stoppant Tom net. Ses yeux vitreux de désir posèrent une question muette à Bill. Devait-il arrêter?
« Non » Soupira Bill en essayant de sourire. Non Tom ne devait pas arrêter. Il ne pouvait pas.
Les jambes de Bill se refermèrent sur le corps de Tom, le poussant plus loin à l'intérieur de lui. Les ailes de Tom frémissaient, battaient comme s'il allait prendre son envol. Et c'était le cas, il volait vers les étoiles et il emmenait Bill avec lui.
Après quelques accoups, la virilité de Bill repris de l'ampleur, et des gémissements rauques s'échappaient de ses lèvres entre-ouvertes.
Il faisait de plus en plus sombre dehors, dans la pièce, mais Tom et Bill ne se lâchaient pas des yeux, fixant l'un l'autre leurs mimiques de jouissances.
Ils se sussuraient des mots d'amour, des « Je t'aime » en litanie, Bill touchant, griffant presque sous l'effet du plaisir les ailes déployées de Tom, qui les rabattit sur eux, créant un petit abris, un cocon dont seuls eux avaient l'accès.
La main de Tom se faufila entre eux, attrapant le membre de Bill pour y effectuer des caresses en rythme avec ses coups de reins.
Ses muscles saillaient, luisant et impressionnant par dessus le corps plus frêle, plus chétife de Bill. Les os de son dos roulaient sous l'effort, et il grinçait des dents, s'efforçant de ne pas être violent avec Bill. Bill qui savourait l'instant avec délice. Tom était partout sur lui et en lui, il lui faisait vraiment perdre la tête. C'était la situation la plus incroyable dans laquelle il s'était trouvé avec lui, même pas encore achevé qu'il pensait déjà à recommencer, encore et encore. Le sexe de Tom glissait en lui, frottant ses parois intimes, effleurant ses nerfs à vif et envoyant des ondes de plaisir dans chacun des membres de son corps. C'était électrisant, et Bill croyait mourir.
Alors que les nuages étaient de plus en plus menaçant au dehors, Tom jouit puissamment en Bill, hurlant presque près de son oreille. Sentant la chaleur humide dans ses entrailles, Bill ouvrit ses yeux en grand, surpris de la sensation. Ce n'était vraiment pas désagréable, c'était même réconfortant et hypnotisant. Il ne savait plus où il en était, tout ce qu'il était encore capable de percevoir, c'était Tom qui geignait dans son cou, son sexe toujours en lui, immobile. Quelques peu frustré, il ondula du bassin, et il aurait pu jurer que Tom s'était mis à pleurer d'après le gémissement guttural qu'il venait de laisser échapper.
Reprenant rapidement conscience, Tom fit bouger sa main de plus en plus vite et de plus en plus rudement sur le sexe érigé de Bill, s'efforçant de continuer à donner quelques coups de reins pour le satisfaire. Et le cadet ne pu se retenir plus longtemps. Il envoya brusquement ses hanches en avant, s'agrippa à Tom de toutes ses maigres forces en laissant échapper un cri bas, et bientôt celui-ci recueillit dans sa main le liquide blanchâtre et poisseux de Bill.
L'un contre l'autre, ils tentaient de revenir doucement à la réalité. Ils haletaient encore, quelques larmes dévalant leurs visages. Ils s'admiraient l'un l'autre, ne se souciant que trop peu de l'orage qui venait d'éclater dehors.
Peu à peu, le sommeil les gagna et Tom se retira de son frère avant de rouler sur le côté et de prendre son frère dans ses bras. Ensemble, ils rejoignirent le monde des rêves, sans voir que dehors le ciel se déchainait.
A quelques kilomètres de là. Ils avançaient sous la pluie, criant à en faire trembler les montagnes, des milliers de Raug assoiffés de sang et de puissance.
« Nous sommes presque arrivé... » Sourit Dem.
Il regarda le ciel et sourit en voyant la pluie se changer en sang.
« Cette nuit, le sang coulera autant que l'eau dans le ruisseau des innocents... » Continua Dem en gouttant une goutte de sang qui s'était échouée sur sa paume de main.
Fin du chapitre 3.
Elf ®